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Dim 17 Mai - 19:56
Maybe that's what happens when a tornado meets a volcano

J'ouvris les yeux. Il faisait sombre dans la chambre, les volets clos laissent à peine filtrer la lumière du jour. Un coup d’œil en biais vers le petit réveil à ma droite m'apprit qu'il était déjà presque midi. Avec une grimace qui en disait long sur mon état général -comprenez ainsi que j'avais une sévère gueule de bois-, je m'extirpai du lit. J'avais presque envie de ramper au sol, limace amorphe à peine prête à faire deux mètres pour regagner son antre. A vrai dire, je n'avais pas de projet orgasmique pour la journée. Autrement dit, ma seule envie et de retourner à ma couette et de me replonger dans des rêves bien plus accueillants que la vraie vie. Ouais, je fais partie de cette caste d'individus particulièrement créatifs dont le vœu le plus cher est d'habiter dans un autre monde. Très certainement peuplé de licornes aux crins en nuage et d'autres mignonneries du type. Parce que franchement, vivre avec des sorciers... C'était plus un cauchemar dément qu'un rêve pour moi. Du moins aujourd'hui. Je déambulai dans la chambre sombre sans trop savoir où je mettais les pieds. Je devais être dans un bon jour, parce que je n'écrasai rien. Après avoir légèrement remonté les volets, j'entrepris de passer les premiers vêtements qui me tombaient sous la main. Un vieux jean déchiré, un t-shirt marin et une paire de sandales en cuir élimées. Il faisait beau à Londres depuis quelques jours. Raison de plus pour laisser tomber mon éternel manteau fourré, j'aurai clairement l'air d'une arriérée -plus que d'habitude, je veux dire.

Il n'y avait aucun signe de vie de ma colocataire dans la cuisine. Donc aucun signe de vie tout court. Elle était bien la seule personne de ma connaissance capable de traîner dans ce coin si spécial de notre ravissant trou à rat. Mais son absence, propice à un calme reposant, était aussi synonyme de famine. Mon talent pour la cuisine étant très limité, je la laissais toujours s'en charger. En échange, j'étais de corvée ménagère -et tant mieux, parce que je doutais souvent de sa capacité à voir les tâches. Bref, sans elle, je pouvais dire adieu à mes pancakes et à mon jus d'orange frais. Je ruminai tout bas, maudissant sans raison valable cette colocataire inutile, tout en ouvrant le réfrigérateur. Vide. Je restai dix bonnes secondes à fixer les étagères -vides-, le bac à légumes -vide- et cillai. Merveilleux. J'espérais juste qu'elle était partie faire des courses. A ce rythme-là, nous allions entamer une grève forcée de la faim -et pour ma part, je préférai encore virer cannibale que me priver de bouffe. Je refermai la porte du réfrigérateur derrière moi ; quel dommage que je fus seule. J'aurai adoré faire un cinéma sur ma pauvre condition. Presque sans-le-sou, étudiante condamnée à lécher le sol pour cueillir des protéines, j'étais à deux doigts de me lancer dans la prostitution pour payer l'électricité. Au moins. J'avais bien essayé de me dégoter un mec riche capable de me payer des chaussures et du chocolat, mais cela n'avait pas fonctionné longtemps. On peut m'acheter avec de la nourriture, mais pas avec d'autres choses.

N'ayant donc rien à manger -j'entendais d'ici mon père dire que je n'avais qu'à aller chercher ce dont j'avais besoin par moi-même-, je me décidai à sortir. Je trouverai toujours un truc cool dehors, surtout à midi. Je quittai l'appartement en me jurant de ne jamais y revenir -mais je jurais ainsi depuis cinq années, pas de panique- et entrepris de me trouver un plan de secours. J'errai sans réel but dans les rues de la capitale anglaise lorsque je me souviens d'un petit quelque chose intéressant. Je sortis mon téléphone de mon sac -enfin, "sac"... Cette espèce de chose pratique mais délicate à fouiller- et passais un rapide coup de fil. Aloha m'avait parlé d'un petit café sympathique qui avait ouvert quelques mois plus tôt. Je n'étais pas du genre à tester des choses comme ça seule, mais je me réconfortais en me disant qu'au moins, j'aurai quelque chose à boire. Peut-être même à manger. « Coucou bonjour. Désolée de te déranger comme ça -ah, mais t'es en train de manger là ?... Non pour rien. Donc, mmh, tu saurais me dire où est ce café dont tu m'as parlé y'a deux jours, là ? Oui. Non. Oui. Comment tu as deviné que je n'avais pas mangé ? Ahaha, saloperie. Bon, allez, donne-moi l'adresse, sinon je vais faire une crise d'hypo. Merci, t'es cool. A plus. » Je raccrochai, non sans avoir mémorisé l'adresse fournie par ma blonde de copine. En route !

Une quinzaine de minutes plus tard, je m'aventurai sur Trafalgar Square. Je venais souvent ici le soir, après une journée passée à compiler des données ; ma licorne-robot ne fonctionnait toujours pas et c'était un calvaire pour moi qui devais soutenir ma thèse dans moins de six mois. Tant pis, je cesserai de dormir. C'était de toute façon une perte de temps. Je fouinais à route et à gauche à la recherche du Graal. M'engouffrant dans une étroite ruelle, je passai devant une boutique d'épices et un confiseur avant de m'arrêter. Peach & Burbon. Je haussai un sourcil ; c'était là, à en juger par l'adresse et le nom. Je poussai la porte du petit café et m'armai de mon plus grand sourire -un peu ahuri, je venais de me réveiller hein- et avisai une jolie femme. Celle-ci s'avança vers moi, souriante également, et je sus que j'allai bien l'aimer. Je souris un peu pour rien, mais j'aime bien quand on me rend ce un-peu-pour-rien sourire. « Bonjour ! Vous avez-là un merveilleux endroit... » Un regard appréciateur me confirma le goût du propriétaire du lieu. La femme me remercia et me dirigea vers une table assez isolée, près de la baie vitrée. Très bien, j'aimais pas mal me rincer l’œil en regardant vivre les gens. A défaut d'avoir une vie palpitante, ahaha. Je pris la carte élégamment posée devant moi et la parcourrai du regard. Lorsque je vis le mot "pancakes", j'eu l'impression que tout le sucre de mon corps me quittai pour inonder ma bouche. Oui, je suis capable d'avoir le goût des choses avant de les voir, ne cherchez pas. La charmante dame revint vers moi afin que je puisse commander. « Je vous prendrai des pancakes s'il vous plaît. Oh, et si c'est possible, avec de la crème de spéculos, enfin si vous avez ça. Et un café-crème, on m'en a dit des merveilles. » Le spéculos, c'était sacré chez moi. Toute une vie. Ma mère avait l'habitude de me faire ces petits biscuits à la cannelle à chaque fois que je rentrai de l'école. Depuis, j'en mettais un peu partout et n'importe comment. Mais franchement, croyez-moi, c'est un régal. J'attendis finalement que ma nourriture salvatrice arrive, les yeux nonchalamment fixés sur la ruelle qui se dépliait sous mes yeux à travers la baie-vitrée.
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Re: You give me vertigo ✽ Eythan

Lun 18 Mai - 16:47
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Eythan, le café. La voix ne semblait être qu’un songe, une parcelle de son imagination. N’y prêtant pas attention, son imaginaire tenta de s’évader à nouveau, de créer un univers à des lieux de celui dans lequel il vivait, mais la voix se fit un peu plus insistante. Eythan. Il la connaissait cette voix. C’était… Willow? Que faisait-elle dans son rêve? Son corps bougea un peu, secousses que son cerveau attribua à un évènement quelconque. Un tremblement de terre ou un être allongé au sol alors qu’un train passait par-là. Puis, sa première phrase lui revint en tête. Le café. Il était responsable de l’ouverture, le seule à posséder les clés du building et, par conséquent, s’il n’était pas à l’heure, ses employés ne le seraient pas non plus et il était certain que la journée ne partirait pas du bon pied, ce qui n’était jamais de très bonne augure. À cette, ou plutôt ces réalisations, ses yeux s’ouvrirent et il ne put s’empêcher de jeter un coup d’œil au cadran posé sur la table de nuit juste à côté de son lit. Quinze minutes pour s’habiller et remplir sa routine matinale. Ce n’était pas assez. Secouant la tête, il sortit du lit en un bond et enfila les premiers vêtements qui lui tombèrent sous la main. Une pair de jeans un peu troués ici et là, pour le style bien sur, et un t-shirt de… Pink Floyd. Ça ferait amplement l’affaire. Pas le temps d’être difficile. En se dirigeant vers la cuisine, il vit sa réflexion dans le miroir de la salle de bain. Il écarquilla les yeux, comme s’il venait d’avoir une vision d’horreur. Quoi que les cernes qui commençaient tranquillement à faire leur place sous ses yeux et ses cheveux ainsi en bataille ne fussent pas d’une grande aide si on les ajoutait à son petit regard d’homme qui vient à peine de se réveiller. Il faisait presque peine à voir. Il secoua la tête. Pas le temps de placer ses cheveux ou de tenter de chasser cet air fatigué de son visage. Il faudrait faire avec pour aujourd’hui. Il pénétra cependant dans la petite pièce pour se brosser les dents parce que l’haleine du matin n’attirait pas les clients à ce qu’il paraissait. Une fois chose faite, il quitta son appartement, mais y remonta aussitôt, au même moment ou la voix de sa copine retentit à nouveau. Tes clés! Ses clés. Décidément, il n’avait pas encore toute sa tête, il n’était pas encore bien réveillé. Il se prendrait un café une fois les employés arrivés.

Arrivé au rez-de-chaussée de l’immeuble, Eythan, au pas de course, se dirigea vers l’avant de son café et débarra la porte. On a presque attendu. Lança Tim, commentaire qui provoca un léger rire chez Lisa, la serveuse, aussi bien que chez Eythan. Il savait bien rire de ses propres défauts et ne pas s’offusquer à la moindre remarque. C’était sans doute ce qui faisait qu’il reignait toujours une bonne atmosphère dans le café. Il s’entendait bien avec ses employés et ils semblaient bien s’entendre entre eux. En trois mois, il n’avait pas encore assisté à une grande dispute. Certes, il arrivait qu’il y ait un peu de discorde de temps à autre. Après tout, des mauvaises journées pouvaient arriver à tout le monde, mais ce n’était jamais rien de bien catastrophique qui ruinait complètement l’ambiance. Et Eythan s’en comptait chanceux. Il avait, à ses dires, une équipe en or et s’il appréciait ses employés, ça semblait réciproque. Parfois, après la fermeture, on lui avait offert d’aller sortir en boite, invitation qu’il avait poliment refusé. C’était en partie parce qu’il voulait garder une barrière entre le travail et la vie personnelle, mais également parce que ce n’était pas trop son truc. Il préférait encore passer la soirée à regarder les Avengers, Capitaine America ou ses autres films de super héros que de sortir dans ces endroits ou la musique n’était pas vraiment à son gout.

Enfin, pour en revenir à la situation actuelle, Eythan aida ses employés à placer les tables et les chaises avant de se diriger vers la cuisine. Mike n’était pas encore arrivé, mais il avait l’impression qu’il allait mourir de faim. Il se prépara donc deux pancakes qu’il mangea en vitesse avant que les clients n’arrivent et sirota tranquillement une tasse de café en regardant le café se remplir peu à peu. Il était fier de ce qu’il avait accompli en si peu de temps. Le bouche-à-oreille semblait faire son effet parce qu’il voyait, à chaque jour, des visages nouveaux. Considérant qu’il n’avait pas vraiment de budget pour la publicité, il se fiait beaucoup sur l’opinion des gens et le fait que l’on partage ce que l’on appréciait pour arriver au succès de son café. Miser sur une réputation alors qu’elle est encore à bâtir était un gros risque, mais un que l’irlandais était prêt à prendre. Jusqu’à présent, il avait eu majoritairement des critiques positives et la clientèle présente de si bonne heure ne pouvait que confirmer le succès de l’endroit. Assis derrière le comptoir, le propriétaire sourit à pleine dent en voyant les gens manger gloutonnement et en voyant les sourires affichés sur leurs visages. C’était ce dont il avait rêvé depuis les dernières années et voilà qu’il récoltait le fruit de ses efforts. Perdu dans ses pensées, Eythan manqua presque l’appel de Daisy qui l’avisa qu’elle était malade et ne pouvait pas travailler aujourd’hui. Il avait encore un peu de mal à gérer des situations comme celles-là. Après avoir raccroché, il composa le numéro d’une autre de ses employées et, en attendant qu’elle décroche, il monta à son appartement. Salut Brooke, c’est Eythan, tu crois que tu pourrais rentrer aujourd’hui, me dépanner? Daisy n’est pas rentrée. Je peux être là dans trente minutes. Pendant une fraction de seconde, Eythan réfléchit et accepta finalement le compromis. Merci. Puis il raccrocha.

Willow, tu voudrais bien me rendre un petit service? Demanda-t-il en entrant dans l’appartement. Une de mes employées n’est pas rentrée et je suis en sous-effectif pour les trente prochaines minutes, tu voudrais bien venir jouer les serveuses pour moi? Il la regarda avec cet air de chien battu parce qu’il savait qu’elle ne pouvait pas résister. Pas besoin de me faire ton air piteux, tu sais bien que je ne peux pas te dire non. Il s’avança vers elle et l’embrassa en vitesse. Merci, je t’aime. Puis il descendit un étage pour aller voir comment se déroulaient les opérations. Pancakes, spéculos pour la table trois. Annonça le cuisinier. Willow, visiblement rapide comme l’éclaire, arriva derrière Eythan et s’empara de la commande pour aller la porter à la cliente. Le brunet suivit sa petite-amie du regard quand ses yeux se posèrent sur la cliente en question. Était-ce bien elle? Un an qu’il avait emménagé et il ne l’avait pas encore croisée, il était sans doute temps, non? Il n’allait quand même pas la déranger alors qu’elle mangeait. Non, il s’avança seulement pour mieux voir son visage parce qu’il pouvait très bien se tromper… même s’il l’aurait reconnue entre milles. Comment aurait-il pu l’oublier? Lux? Sa voix trahissait son incertitude, mais il fit tout de même un pas de plus vers elle. À cette distance, il ne pouvait plus douter, c'était bien elle.
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Re: You give me vertigo ✽ Eythan

Lun 18 Mai - 17:16
Maybe that's what happens when a tornado meets a volcano

J'étais toujours étonnée et ravie de constater que Londres ne dormait jamais. Peu importait l'heure. J'avais des tendances d'oiseau nocturne, je devais l'avouer, et j'étais fort bien tombée en m'installant dans cette brillante ville anglaise. De jour comme de nuit, les rues étaient animées du gazouillis permanent des rires, des chants ou des cris. Je prenais toujours bien du plaisir à m'aventurer dans les ruelles de Londres, le plus souvent seule. Mon petit côté animal sauvage, j'imagine ; je n'avais jamais été une grande amatrice de la foule et encore moins des relations sociales. Cela ne faisait pas de moi une sans-coeur ou une éternelle égoïste narcissique, du moins ne le pensais-je pas. J'aimais être dévouée et présente pour ceux que j'aimais. Mais j'avais bien du mal à supporter le monde, la pression que pouvait exercer un milieu social ou une réputation, les obligations. Les comptes à rendre. C'était peut-être pour cette raison que je me retrouvais seule. Non, attendez. Quel vilain mensonge. Je suis seule parce que j'ai décidé de l'être, après avoir vu mon charmant petit ami se transformer en un affreux sorcier. Il ne lui manquait plus que le nez crochu et la verrue et le tableau aurait été parfait. Éhontément cliché, mais véridique. Je regardai ainsi les passants, souriants et décontractés, uniquement séparés de moi par une mince vitre. Et pourtant, c'était comme si un fossé avait été creusé entre eux et moi ; je ne ressentais aucun besoin d'aller vers ou de chercher leur compagnie. Je me suffisais à moi-même.

Je jouais distraitement avec le petit pendentif en argent qui pendait à mon cou lorsque la charmante serveuse revint vers moi, souriante, une assiette à la main. Je cessai presque aussitôt d'oublier son existence et suivis des yeux les pancakes chauds et fumants alors qu'ils étaient posés devant moi. La serveuse me souhaita un bon appétit et prit congé. Je la remerciai d'un sourire poli et enchanté avant de saisir mes couverts et d'attaquer mon premier repas de la journée. Ciel, quel bonheur, pensai-je en avant la première bouchée. Se nourrir lorsqu'on a faim est déjà un plaisir en soi, mais lorsqu'en plus c'est un régal... Bref, je vous épargnerai ce moment très physiologique et probablement dénué d'intérêt. Toujours est-il que cela acheva de me mettre d'excellente humeur, d'autant plus que le café était lui aussi très bon. J'en bus une gorgée avant de retourner à mes pancakes, les piquant du bout de la fourchette pour mieux les faire glisser dans la sauce. C'est exactement à ce moment-là que tout changea. Je ne saurai dire avec le recul si ce fut en bien ou en mal. Mais je sus à cet instant précis que ma tranquille vie d'étudiante londonienne allait perdre de son calme et très certainement gagner en un je-ne-sais quoi de dangereux. Délectable.

« Lux ? » Je me retournai, fourchette en l'air, sourcil arqué. J'avais très certainement un peu de sauce au spéculos sur les lèvres -notez ici mes difficultés à manger proprement, à croire que j'ai été élevée au milieu d'animaux. Ah-ah. Je cillai, me demandant si je devais me mettre à rire nerveusement ou à feindre la pâmoison pour me tirer de cette délicate situation. Mais la vérité, c'était que j'avais l'impression d'être entrée dans une machine à voyager dans le temps. Ma vie semblait défiler autour de moi, véritable rush d'émotions, de bruits, tornade destructrice qui déchirait tout sur son passage. Je restai immobile, la gorge nouée, le cœur au bord des lèvres. Je n'avais plus faim. Je reposai lentement la fourchette afin de dissimuler le tremblement soudain de ma main et fermai les yeux une demi-seconde. « Eythan. » J'avais soufflé son prénom, si bas que je doutais qu'il l'eut entendu. J'étais partagée entre l'envie de mourir et celle de hurler. A la mort, probablement. Je pivotai légèrement le haut du buste afin de lui faire face, sans toutefois me lever. Était-ce moi, où y avait-il un silence pesant et très étrange dans le café ? J'entendais des sifflements. Ca venait de moi. J'étais à deux doigts de m'évanouir, des étoiles dansaient devant mes yeux. Toutes ces étoiles, une galaxie, exactement comme celle qu'il y avait au fond de ses yeux à la tombée de la nuit. Je me souvenais encore des soirées interdites, de mes fuites par la fenêtre de ma chambre pour aller le retrouver dans la grange de la ferme. De ces soirs qui sentaient bon le foin, le grand air, la chair chaude et la bière. Il y a dix ans.

Je me ressaisis du mieux que je le pouvais et composai un sourire affable qui peina quelque peu à monter à mes yeux. Que pouvais-je lui dire ? Tout, rien. J'avais mille choses à lui raconter, mais je n'avais rien à lui avouer. Je restai là, silencieuse, contemplative. Il n'avait pas tellement changé. Il avait sans doute un peu grandi, depuis que j'avais quitté l'Irlande. Il avait l'air fatigué, aussi. Ses yeux d'habitude si lumineux paraissaient éteints, ses cheveux étaient en désordre et il arborait un t-shirt qui, à mon sens, faisait ressortir le gamin que j'avais connu en lui. Malgré moi, mon sourire s'élargit un peu plus. « Tu es venu prendre le petit déjeuner, toi aussi ? » Drôle d'entrée en la matière. Mais que pouvais-je dire à cet homme que je n'avais pas vu depuis cinq longues années ? Le temps avait creusé une fosse entre nous, plus béante encore que celle qui me tenait éloignée des passants, là dehors. Je me sentais soudain bête et seule. Mais je n'avais pas honte de ce que j'étais, ni de ce que j'étais finalement devenue. J'avais poursuivi mes rêves. Et aujourd'hui, ils me poursuivaient à leur tour. J'avais l'air d'un poisson-chat, à n'en pas douter, mais quelle importance ? La nausée refluait lentement, laissant place à une onde douce et bienveillante. J'étais heureuse de le revoir. Mais croiser ce regard signait l'arrêt brutal et définitif de toutes mes vaines espérances. Il était venu à Londres, oui. Mais il n'était pas venu pour me retrouver. Sinon, il serait venu à moi.
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Si ça fait si mal de se séparer, c'est parce que nos âmes sont liées. Peut-être qu'elles l'ont toujours été et le seront toujours. Peut-être que nous avons vécu mille vies avant celle-ci et que dans chacune d'elles nous nous sommes trouvés. Et peut-être que chaque fois nous avons été séparés pour les mêmes raisons. Ça veut dire que cet adieu est à la fois un adieu pour les dix mille ans passés et un prélude à ce qui va venir.
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Re: You give me vertigo ✽ Eythan

Mer 20 Mai - 1:41
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Le temps semblait s’être arrêté. Les bruits ambiants devinrent de plus en plus forts jusqu’à disparaitre. C’était comme si plus rien n’existait autour d’eux. Eythan avait l’impression que le sol allait se dérober sous ses pieds et, tentant paraitre le plus naturel possible, il posa sa main contre le dossier de la chaise qui se trouvait la plus proche de lui, la tenant bien fermement pour éviter de perdre pieds. Les sentiments qu’il avait enfouis au plus profond de son être suite au départ de Lux semblaient tous revenir à la surface, comme un tsunami le submergeant. Cinq ans qu’elle était partie comme une voleuse, ne laissant derrière que des souvenirs et un Eythan au cœur brisé. Et cette douleur dans la poitrine qu’il avait ressenti lorsqu’elle avait passé la porte de sa chambre revint le hanter, presqu’aussi puissante que ce jour-là, et lui coupa le souffle pendant une fraction de seconde. Lorsqu’elle se retourna, qu’il put enfin voir son visage, une foule de souvenirs lui revinrent en mémoire. L’odeur du foin lorsqu’ils se retrouvaient dans la grange, le sentiment d’interdit, le rush d’adrénaline qui accompagnait ces soirées, la sensation de sa peau contre la sienne, le gout de ses lèvres. Il ne devait pas y penser. C’était interdit. C’était terminé, loin derrière. Il était impossible de voyager dans le temps. Malheureusement, Back To The Future n’était encore qu’un film. Et puis, il avait Willow maintenant. Il l’aimait. Ses sentiments étaient indéniables, mais à cet instant précis, il réalisa qu’il ne pourrait jamais aimé comme il avait aimé Lux. Jamais personne ne pourrait lui faire ressentir tous ces sentiments qu’elle lui avait fait ressentir. Et sans doute que personne ne pourrait lui briser le cœur comme elle l’avait fait. Il ne fallait pas qu’il se laisse envahir par ses sentiments passés. Elle était partie. Elle avait fait le choix de le quitter, de s’en aller à 600 kilomètres de lui, de leur Irlande natale et pour ça, il lui en voulait. Ou du moins, il lui en avait voulu. De l’eau avait coulé sous les ponts depuis et, après avoir passé quelques mois à vivre dans le déni, à croire qu’elle reviendrait un jour, il avait baissé les bras. Peut-être qu’elle ne l’aimait pas autant que ça finalement. C’était sans doute cette réalisation qui l’avait blessé plus que son départ en soi. Après tout, on disait qu’il y en avait toujours un des deux qui aimait plus.  

Le bruit d’une tasse se fracassant contre le sol résonna et tira le jeune homme de ses pensées, le força à ranger ses douloureux souvenirs au placard. Il tourna la tête et lorsqu’une voix s’éleva, déclarant que tout était sous contrôle, il reposa son regard sur ce visage si familier. Elle n’avait pas changé. Elle avait un peu grandi depuis la dernière fois qu’il l’avait vue, mais c’était tout. Peut-être que si elle avait changé, ne ressemblait pas autant à la Lux qu’il avait connu il à a cinq ans, il aurait été capable de parler, d’agir normalement. Il aurait pu prétendre que tout allait bien. Parce que la vie l’avait bien choyé. Il avait une petite amie fantastique, attentionnée et qu’il aimait, il avait un boulot de rêve et tout se déroulait pour le mieux, du moins pour l’instant. Il n’avait pas encore eu affaire aux mangemorts, à l’homme sans nez – il préférait l’appeler ainsi que par son véritable prénom, se foutre de sa gueule c’était bien mieux – et chaque jour passé sans incident majeur était, en quelque sorte, une bénédiction.

Tu es venu prendre le petit déjeuner, toi aussi ? La voix de Lux emplit ses oreilles et Eythan ne put s’empêcher de sourire. Comme ça lui avait manqué d’entendre le son de sa voix. Comme elle lui avait manqué. Parce qu’il fallait qu’il se l’avoue, la vie sans elle n’était pas la même, plus fade, plus terne. Après tout, elle portait bien son nom, Lux, le soleil de sa vie.. Elle avait éclairé sa vie pendant un temps et, quand elle était partie, le jour avait laissé place à la nuit.  La lumière avait disparu. Cinq ans qu’il avait navigué dans le noir. Enfin, quatre. Parce que Willow, c’était un peu comme la lune de sa vie maintenant. Elle le guidait, l’aidait à voir, mais n’éclairait tout de même pas autant que le soleil. Enfin, s’extirpant de ses pensées, il poussa un léger rire. Oh, si elle savait. On peut dire ça, oui. Réponse plus que vague. Pourtant sa question était bien simple. En fait, c'est mon café. J'en suis le propriétaire. Expliqua-t-il finalement. Il jeta un coup d’œil rapide aux alentours pour voir si tout allait bien, si ses employés avaient besoin d’aide. Rien à signaler. Alors qu’il allait poser son regard sur Lux à nouveau, il croisa, dans la foulée, celui de Willow. Un sourire était dessiné sur son visage et instinctivement, Eythan lui sourit en retour. Si seulement elle savait.
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Dernière édition par Eythan C. Ò Hara le Lun 6 Juil - 5:36, édité 1 fois
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Re: You give me vertigo ✽ Eythan

Mer 20 Mai - 15:26
Maybe that's what happens when a tornado meets a volcano

Je le suivis des yeux alors qu'il prenait appui sur une chaise. Mon regard glissa du bout de ses doigts à son épaule et je doutais fort, en cet instant, d'être la plus discrète qu'il soit. Mais peu m'importait. Au pire, j'aurai l'air de le reluquer. Au mieux, j'aurai l'air de le reluquer. Tant qu'à faire quelque chose, autant le faire à fond, c'était ma philosophie de vie. Et malgré moi, Eythan en avait fait les frais. Alors que je le regardais, attendant sa réponse, je me pris à imaginer quelle aurait été ma vie si je n'avais jamais quitté l'Irlande. Mon statut de fille unique ne me permettait pas de succomber à mes envies ; seule héritière possible du domaine paternel, j'aurai été dans l'obligation de prendre sa suite. Ou de faire semblant. Franchement, je n'avais jamais apprécié les moutons. Passer mon existence à les élever était ce qu'il y a de plus proche de la mort cérébrale. Je n'avais pas fui mes responsabilités en partant d'Irlande ; j'avais simplement couru après mes rêves et après ce que je voulais devenir. Même si tout cela était bien clair pour moi, j'avais du affronter les doutes sérieux de tous ceux qui m'avaient soutenue à la maison. Ma famille, mes quelques amis. Eythan. Ma décision prise, je l'avais simplement assenée ; irrévocable, intransigeante, j'avais tout fait pour que personne ne puisse me dissuader. J'avais acheté mes billets d'avion avant qu'on ne me dise que c'était une mauvaise idée, mes valises étaient déjà prêtes alors que ma mère me demandait pourquoi je partais. J'avais agi sous une impulsion inqualifiable et je n'éprouvais aucun regret. Si je l'avais pu, aurais-je souhaité l'emmener avec moi ? Je n'en savais rien. J'avais vingt ans, je n'étais personne pour décider de l'avenir d'un autre que moi. Même si mon acte avait pu sembler égoïste et vide de sens, il avait été mûrement réfléchi.

Une tasse se brisa. Je sursautai violemment, tirée de mes songes comme on se réveille d'un mauvais rêve. Je ne pouvais pas changer le passé et si c'était à refaire, je le referai. Visiblement, j'avais réussi ma vie. Et il n'avait pas non plus l'air malheureux, bien que fatigué et un tant soit peu négligé. Il finit par répondre à ma question. Il me laissait encore plus dans le flou. Quand on vient manger, on sait qu'on vient manger, n'est-ce pas ? Je fronçai les sourcils, me préparant -comme d'habitude- à répondre à chaud. Il me coupa l'herbe sous le pied en m'avouant que cet établissement était sien. Je le fixai, éberluée, silencieuse et terrifiée. Quand même. Je n'étais qu'une étudiante encore, j'avais visé haut. Mais lui, il s'en sortait déjà pleinement dans la vie. Enfin, presque. Alors que je le regardai, je sentis un léger frémissement agiter la commissure de mes lèvres. Je fis de mon mieux pour réprimer un sourire mais ce fut sans succès ; bientôt, je me retrouvai à glousser comme une adolescente ivre. Je ne parvenais pas à m'arrêter. Était-ce un sale tour du stress, de la pression qui retombe ? Pas exactement. Je riais toujours, l'air abasourdi d'Eythan n'arrangeant pas ma situation. Je parvins finalement à reprendre mon souffle et secouai lentement la tête, un sourire mi-moqueur mi-affectueux aux lèvres. « Je ne te crois pas. Il y a au moins dix variétés de thé sur ta carte. Du thé. » Rien que de dire cela, j'avais de nouveau envie de rire. Je me souvenais encore de sa remarque idiote lorsque je lui avais annoncé mon départ pour Londres. Du thé dégueulasse. Il détestait le thé, et aujourd'hui, il en proposait à d'autres. L'ironie de la situation me faisait rire, mais c'était surtout ma nature primaire qui me poussait à vouloir détendre l’atmosphère. Je n'étais pas du genre à me prendre la tête, encore moins avec lui. Je n'avais d'ailleurs que de très rares souvenirs de dispute. Futiles.

Mon calme retrouvé, je perdis légèrement de mon assurance. Blague à part, je ne savais absolument pas comment me comporter. Il y avait ici ses employés, ses amis sans doute. Je n'étais désormais plus qu'une vieille connaissance, un souvenir d'enfance. Je baissa les yeux vers mes pancakes à moitié grignotés, puis relevai timidement le nez. « Est-ce que tu veux prendre ton on-peut-dire-que-c'est-un-petit-déjeuner avec moi ? » Mon invitation, que j'estimais peu formelle et presque amicale, était surtout marquée du sceau de la paix. J'imaginais bien qu'il avait des récriminations à mon encontre. Mais je ne pouvais rien y changer. Le temps avait accompli son œuvre et nous avait séparés durant de longues années. Cela ne m'empêchait pas pour autant d'éprouver une certaine curiosité ; qu'avait-il fait en mon absence ? Pourquoi était-il venu à Londres, n'aurait-il pas pu aussi bien ouvrir son café chez nous ? Chez nous. Mais où était-ce, chez nous ? Y avait-il seulement encore un nous ?
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Si ça fait si mal de se séparer, c'est parce que nos âmes sont liées. Peut-être qu'elles l'ont toujours été et le seront toujours. Peut-être que nous avons vécu mille vies avant celle-ci et que dans chacune d'elles nous nous sommes trouvés. Et peut-être que chaque fois nous avons été séparés pour les mêmes raisons. Ça veut dire que cet adieu est à la fois un adieu pour les dix mille ans passés et un prélude à ce qui va venir.
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Re: You give me vertigo ✽ Eythan

Ven 5 Juin - 16:31
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Je ne te crois pas. Il y a au moins dix variétés de thé sur ta carte. Du thé. Même lui avait de la difficulté à y croire. Il se souvenait encore des paroles qu’il lui avait dites après qu’elle lui ait annoncé son départ. Oui, du thé. Répéta-t-il. Qui l’eut cru, moi vendant du thé à des anglais? Sans doute aurait-il du rire tout comme elle le faisait. Après tout, la situation était tout de même ironique. C’était lui qui crachait presque sur le thé, lui qui se foutait de la gueule des anglais et maintenant, il était dans leur capitale et tentait de leur vendre leur boisson nationale. Du thé dégueulasse. C’était ce qu’il avait trouvé de mieux à lui rétorquer lorsqu’elle lui avait annoncé son départ. Et maintenant, il se voyait obligé de leur en vendre, malgré que la simple odeur du thé lui donne la nausée, ce qu’il réprimait à longueur de journée. Bon, c’était peut-être une exagération, mais il aurait davantage préféré ne vendre que du café, comme il comptait le faire au départ. Pourquoi n’était-il pas resté avec son plan initial? Parce que c’était tout bonnement impossible. Après la première semaine, après que le buzz de l’ouverture ne se soit estompé, les gens ont commencé à se plaindre du manque de thé dans le menu. Eythan avait tant bien que mal tenter de résister. Il en avait presque fait sa fierté, de ne pas vendre de thé. Lorsqu’un client lui demandait s’il en vendait, il se faisait un bonheur de leur répondre que non. Si ce n’était pas sur la carte, c’était qu’il n’en vendait pas. Les gens se sont sans doute passé le mot, que le Peach & Burbon ne servait pas de thé à ses clients. On disait sans doute que ce café était une disgrâce à la culture anglaise, mais il s’en foutait… Du moins, jusqu’à ce qu’il voit les chiffres de vente de la deuxième semaine. Ils avaient considérablement baissés. Les clients ne revenaient pas. Il lui avait donc fallu remédier à la situation.  À contrecoeur, il a donc demandé à ses employés quels thés il devait ajouter à la carte et, moins d’une semaine plus tard, les nouveaux menus avec les différents thés offerts faisaient leur apparition. Terminé le café qui essaie de ne vendre que du café aux anglais. Il avait du abdiquer, non sans se battre jusqu’au bout, mais moins il avait d’argent dans la caisse, moins il en avait dans les poches. Moins ses employés en avaient dans les poches parce qu’après tout, le nombre d’heures à distribuer parmi les employés était en corrélation directe avec le nombre de client et les heures de pointe qui, au final, se faisaient de plus en plus rares avant qu’il ne se résigne à vendre cette chose ignoble qui lui donnait des hauts le cœur. J’ai essayé de ne vendre que du café, mais il faut croire que c’est mission impossible à Londres. Lâcha-t-il en haussant les épaules. Ça aurait sans doute pu être drôle dans d’autres circonstances. Il aurait sans doute ri avec elle s’il n’était pas aussi surpris et désarmé face à elle. Parce que cinq longues années s’étaient écoulées depuis leur dernière rencontre, parce que les temps changent tout comme les gens et qu’il ne savait pas comment il devait agir face à elle. Sa tête lui disait d’agir comme il aurait agi il y a cinq ans, d’être le plus naturel possible, mais son cœur lui dictait tout autre chose. Parce que si sa tête était plus rationnelle, sensée et s’efforçait de laisser le passé là ou il devait être, son cœur lui n’avait rien oublié du temps qu’ils avaient passé ensemble. Son cœur lui criait presque d’agir comme si le temps s’était arrêté juste avant qu’elle lui fasse part de sa décision, celle qui avait changé leurs vies, de prétendre que rien de tout ça n’était arrivé. Et il en avait envie. Il lui arrivait encore parfois de rêver d’elle parce qu’elle occupait toujours ses pensées. Il pouvait dire à quiconque voulait l’entendre qu’il était fou amoureux de Willow. Il l’aimait. C’était vrai, mais… Parce qu’il y avait un mais et la raison de ce mais se trouvait juste en face de lui maintenant. Il y avait Lux… ou plutôt il y avait, à une certaine époque, eu Lux. Et quoi qu’il dise et fasse, une petite, minuscule partie de lui se raccrochait à ces moments passés dans l’étable derrière chez elle, ces soirées à la belle étoile. Parce qu’il ne voulait pas et ne pouvait pas les laissées dans le passé.

Perdu dans ses réminiscences, il revint au moment présent lorsque la voix de la jeune femme se fraya un chemin jusqu’à ses oreilles. Suite à sa question, un sourire se dessina sur les lèvres d’Eythan. Comment pourrait-il refuser une telle offre? Il avait attendu cinq longues années avant de pouvoir la revoir, passer un moment avec elle et maintenant, il en avait la chance. Il ne pouvait pas refuser. Avec plaisir. Répondit-il simplement, un sourire accroché au visage. Enfin, il n’avait pas spécialement faim et ne mangerait surement pas, mais en vérité, il aurait fait n’importe quoi pour passer quelques minutes avec elle. Après tout, ils avaient sans doute bien des choses à se dire. De son côté, il s’était passé pas mal de trucs surtout au cours de la dernière année. Entre le déménagement de Dublin à Londres et l’ouverture du café, l’année s’était écoulée sans même qu’il ne la voit passée. Et puis, il y avait eu sa rencontre avec Willow… Ce sujet était sans doute un peu plus délicat à aborder. Sans doute que cinq années étaient suffisantes pour mettre de la distance entre eux et faire en sorte qu’ils puissent se parler de ce sujet, leurs histoires de cœur, sans trop de difficulté, mais Eythan n’était pas spécialement à l’aise avec le sujet. Après tout, elle n’avait pas besoin de savoir. Elle l’avait quitté sans se retourner alors qu’est-ce que ça pouvait bien lui faire qu’il ait refait sa vie avec une autre? Qu’est-ce que ça changerait dans sa vie de le savoir ou non? Ce qu’on ne sait pas ne peut pas nous faire de mal après tout, pas vrai?
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Re: You give me vertigo ✽ Eythan

Lun 15 Juin - 15:49
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Il y avait un monde sous mes yeux. Un monde de lumières, de cris d'adolescents, de senteurs qui m'étaient chères. Je regardais le Londres dont la vie défilait à mes pieds et pourtant, c'était une toute autre vie que je voyais en rêve. Celle que j'aurai pu avoir si j'avais décidé de rester en Irlande. Celle que j'aurai pu avoir avec Eythan si mon cœur ne m'avait pas menacée de la sorte. Au fond de moi, j'avais la certitude d'avoir fait le bon choix. J'avais eu besoin d'une autre vie, d'une réponse à mes questions muettes. J'avais eu besoin de devenir quelqu'un, quelqu'un d'autre que cette fille aux boucles blondes coiffées n'importe comment qui trouvait merveilleuse l'odeur du foin et la douceur de la laine encore tiède. Alors j'avais dit au revoir à ma terre, au revoir à ma famille, au revoir à celui qui, quatre années durant, avait été le soleil de mes nuits. J'étais jeune, trop sans doute, pour réaliser pleinement les conséquences de mes choix. Mais je l'avais fait. Et pourtant, pas une nuit ne s'était déroulée sans que je ne me fixe le plafond à la recherche de l'ultime réponse. Pourquoi ?

Les paroles d'Eythan me ramenèrent sur terre. Les images de bonheur s'estompèrent, je cillai et me retrouvai subitement la gorge nouée, la boule au ventre. Pourquoi ? Je n'en savais rien. L'ambition de la jeunesse, la lassitude d'une vie que j'estimais trop banale pour moi, la peur aussi. La peur de l'engagement, parce que quand on a vingt ans, on croit que l'on a encore toute la vie devant soi. Alors que toute ma vie, je l'avais à portée de main ; dans son regard brun et chaud, dans l'odeur printanière de ses cheveux lorsqu'il se blottissait contre moi, dans la courbe de ses lèvres lorsqu'il tirait son petit sourire en réponse à mes grimaces. J'avais très envie d'hurler ma colère à la face du monde en cet instant, mais cela n'aurait servi à rien. Alors je fis ce que je savais faire de mieux ; je relevai la tête, le regardai droit dans les yeux, peinant à voiler la tendresse que m'inspirait sa vue, et souris. Un simple sourire. Je savais que souvent, un sourire avait été plus efficace que des mots entre nous. Mais comment trouver les bons pour dire à cet homme à quel point sa souffrance avait trouvé refuge en moi, à quel point ma tristesse avait fait écho à la sienne lorsque sa chaleur avait déserté mon côté ? Aujourd'hui, il était vendeur de thé. Il était à des années lumières de ce que j'avais connu. Et moi ? Moi, j'avais l'impression d'avoir stagné. Pourtant j'avais réussi mes études. Mais à l'intérieur, j'étais toujours la même. Seule, infiniment seule.

« Les londoniens aiment le thé plus qu'ils n'aiment leurs parents. Croient-moi. Ils ne sont pas comme nous, ils ne savent pas aller à l'essentiel. » J'avais dit cela en haussant les épaules, feignant l'indifférence. Tout va bien, c'est cool de te revoir, tu as bonne mine. Attends, tu as carrément l'air heureux et épanoui, homme marié peut-être ? Je chassais ces pensées étranges de ma tête en buvant une gorgée de café tiède. Presque froid, un peu comme mon cœur en cet instant. Le froid de la mort. Finalement, Eythan vint se joindre à moi. Je le regardai s'installer en face de moi, l'envie de parler me brûlait les lèvres mais aucun mot ne me venait. J'avais l'air sotte, tout à coup. Je baissai les yeux vers mes pancakes à moitié mangés. La faim était comme la bonne humeur, elle semblait m'avoir désertée. Mais je me devais de faire bonne figure. Après tout, j'étais la seule responsable de toute cette peine entre nous. Eythan avait toujours été un modèle pour moi. Peut-être était-ce d'ailleurs pour cela que j'étais partie. J'avais eu peur de continuer, peur de réaliser qu'il était sincèrement attaché à moi malgré la liberté de notre relation. Et peur de réaliser que je l'avais été aussi.

« Depuis quand es-tu ici ? Jamais... Jamais je n'aurai pu imaginer que tu viendrais à Londres. Je veux dire, pas après tout ça. » Tout ça, tout ça quoi ? Ma trahison ? Je le vivais comme une trahison, même si sur l'instant je m'étais sentie libre. Libre et heureuse de pouvoir agir comme bon me semblait. La réalité était toute autre, hélas. Je croisai les jambes sous la table en un réflexe protecteur, comme si je renfermais sur moi-même. Ce faisant, j'effleurais la jambe d'Eythan. Je me redressai vivement, coupable. « Excuse-moi, je n'ai pas fait exprès. » Évidemment. Je n'avais même pas besoin de m'excuser en théorie, mais j'étais tellement gênée par cette étrange situation que j'avais du mal à agir normalement. Je ne me reconnaissais pas. Et finalement, alors que je fixai encore mes pancakes, ma vue se brouilla. « Je te demande pardon, Eythan. » J'avais lâché ces mots dans un souffle, un murmure presque inaudible. Je ne savais pas s'il avait entendu, mais je l'avais surtout dit pour moi. Je l'avais gardé en moi toutes ces années et la porte, jadis hermétiquement close, venait simplement de céder sous la force du tourment et du souvenir.
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Re: You give me vertigo ✽ Eythan

Mer 24 Juin - 6:36
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La réplique qui s’échappa des lèvres de Lux arracha un rire franc à Eythan. C’était presque naturel. Elle parlait, il riait, presque comme au bon vieux temps. Presque. À cet instant, il réalisa à quel point ça lui manquait. Le son de sa voix, les étoiles dans ses yeux, son rire,  tout chez elle lui manquait. Sans doute aurait-il du ressentir au minimum une pointe de culpabilité parce qu’il était passé à autre chose, parce qu’il y avait Willow dans sa vie, parce que c’était avec elle qu’il partageait ses nuits, mais à cet instant, il n’y songeait même pas. Elle n’était pas dans ses pensées. Il n’avait que les images de ces années passées aux côtés de Lux et bordel que c’était enivrant. Certes, les années avaient passées, de l’eau avait coulé sous les ponts et, même s’il lui en voulait toujours un peu, il ne réussissait pas à se défaire de ces images, ces sensations qu’elle lui avait fait ressentir. Après tout, l’adage qui dit qu’on n’oublie pas son premier amour est sans doute vrai. Du moins, il s’appliquait bien ici. Perdu dans ses pensées, le regard rivé sur la jeune femme qui se trouvait en face de lui, Eythan eut l’impression de se perdre dans ses yeux. Comme il l’avait fait tant de fois auparavant. Du moins, jusqu’à ce qu’elle baisse les yeux. Et ce fut comme une claque en plein visage qui le ramena au moment présent. Le passé était derrière eux, ils avaient tous deux pris leurs décisions et ils devaient y faire face maintenant… quoi que de son côté, Eythan devait plutôt subir les décisions, la décision que Lux lui avait imposé. Encore aujourd’hui, il souffrait des conséquences de cette journée-là. Encore aujourd’hui, il lui arrivait de se demander ce qui serait arrivé s’il avait réussi à la convaincre. Encore aujourd’hui, il tentait de trouver les mots qui auraient peut-être pu la faire rester. C’était idiot, sans aucun doute, de vivre dans le passé à ce point, surtout en considérant qu’il avait une vie et une belle en plus de ça, ici. Il était heureux... du moins, aussi heureux qu’il pouvait l’être de se retrouver à Londres à servir du thé à des anglais. « J’ai cru remarquer..Je n’ai pas pu faire plus d’un mois avant de devoir ajouter du thé à ma carte. » Déclara-t-il d’une voix beaucoup plus monotone qu’il ne l’aurait souhaité. Il ponctua tout de même sa phrase d’un énième sourire parce que les apparences, c’est tout ce qui compte. Lui faire croire que tout va bien, qu’il s’était pleinement remis de son départ. Si  seulement elle savait. Qu’arriverait-il si elle savait? Si elle venait à réaliser qu’il n’est pas aussi heureux qu’il prétend l’être? Qu’est-ce que ça changerait après tout? Sans doute rien.

« Je dois dire que je suis le premier surpris de m’être retrouvé ici. » Oui, parce qu’Eythan, il a toujours craché sur les anglais. Il ne les a jamais aimé. Ça n’a pas changé, mais il s’y est fait. Il a du s’habituer à leur accent, à leurs manières, à presque tout ce qui fait d’eux des anglais. Par contre, s’il y a une chose contre laquelle il n’a pas l’intention de céder, c’est le désir de ses employés d’avoir un portrait de la reine dans l’édifice. Hors de question. Lui, le propriétaire n’est pas très friand de la reine. Après tout, ça doit bien faire deux cent ans qu’elle est à la tête de ce pays? Elle devrait bien mourir éventuellement, pas vrai? Enfin, passons. « Ça fait presqu’un an. » Déclara-t-il finalement. Cette réalisation le frappa de plein fouet. Presqu’un an qu’il avait quitté sa terre natale. Presqu’un an qu’il avait ouvert le café. Presqu’un an qu’il côtoyait des anglais à chaque jour. Comment il avait fait pour survivre jusqu’ici, il n’en avait aucune idée, mais il était tout de même partant pour continuer l’aventure aussi longtemps que possible – qui aurait cru qu’il se dise ça un jour. Il était prêt à continuer de côtoyer des anglais. Décidément, l’air londonien ne lui faisait pas. « Dans deux mois, ça fera un an. » Spécifia-t-il. Comme si c’était important. Un instant, il se perdit dans ses pensées, se demandant ce qu’il pourrait bien faire pour marquer le coup. Parce qu’un an, il fallait bien fêter ça, pas vrai? Il demanderait conseil à Willow plus tard, après tout, elle était bien meilleure dans ces trucs-là que lui. Lorsqu’il sentit le pied de Lux effleurer sa jambe, il revint au moment présent et se redressa. Il faut croire que ce simple contact provoqua chez eux deux quelque chose, comme un malaise. « Ça va, ce n’est rien. » Ce n’était rien, vraiment, et pourtant, elle aurait pu lui effleurer la jambe autant qu’elle le voulait, ça ne lui dérangerait pas. Parce que ça lui rappelait étrangement ces nuits ou ils étaient étendus l’un à côté de l’autre, leurs jambes, leurs corps enlacés et ça lui réchauffait le cœur. Puis, la voix de Lux se fit entendre parmi tout ce brouhaha. Il peina à déchiffrer ce qu’elle venait de dire, mais c’était comme si ses oreilles étaient faites pour entendre la voix de la blondinette, peu importe le bruit autour d’eux, comme si elles étaient programmées sur la même fréquence que sa voix. « De quoi es-tu désolée? » Lâcha-t-il d’un ton beaucoup plus sec qu’il ne l’aurait voulu. C’était sans doute toutes ces années passées à se questionner, à savoir ce qu’il avait fait de mal et à garder enfoui la douleur qui le rongeait qui avait fait sonner sa voix ainsi. « De m’avoir abandonné? D’avoir tout laissé, ta vie, notre vie derrière toi sans même te retourner? De m’avoir brisé le cœur? » Il fallait bien que ça sorte un jour et il semblerait que ce moment était venu. La rancœur qu’il ressentait, il n’était plus capable de la cacher, de la garder en lui, pas maintenant qu’elle était en face de lui.
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Re: You give me vertigo ✽ Eythan

Jeu 25 Juin - 18:49
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Je suis désolée. Désolée, désolée, désolée. Les mots semblaient résonner en moi alors que ses yeux, immenses lacs sans fond, me fixaient sans ciller. Je ne parvenais pas à déchiffrer ce regard, ce regard que j'avais pourtant appris à connaître par cœur. Une porte s'était fermée entre nous des années plus tôt, et le fait de l'avoir en face de moi, comme au bon vieux temps, me donnait envie de vomir. De pleurer. d'être quelqu'un d'autre, pourvu que cette peine s'apaise et se mue en quelque chose de moins dévastateur. Il parlait, mais je n'entendais pas. Peut-être était-ce d'ailleurs dans ma tête, peut-être que j'imaginais toute cette scène, oscillant entre le désir inavouable de la faire perdure et celui, moqueur, de l'envoyer valser à des années lumières de moi. Je n'avais jamais été prête à ce moment, et je n'avais d'ailleurs jamais cru qu'un tel instant se produirait. Était-ce ma faute ? Oui, c'était bien ma faute. J'affrontais aujourd'hui le feu sous la glace, l'homme qu'il était devenu en mon absence. Le tourbillon qui m'emportait n'avait rien de doux et d'appréciable ; ma conscience me cinglait et me poignardait, laissant sur son passage des pensées à nu et des regrets lancinants. Je les avais toujours eus, à bien y réfléchir ; mais j'avais été douée pour me voiler la face et faire comme si tout allait bien. J'avais réussi à me persuader du bien-fondé de ma décision, réussi à me convaincre de mon bonheur. Je m'étais fourvoyée, mais la vie n'avait pas attendue que je le réalise pour continuer à dérouler son tapis d'événements.

Et dire qu'il arpentait les mêmes rues que moi depuis un an. Nous étions passés l'un à côté de l'autre durant un an. Tant de temps, tant de changement. Muette, habitée par une étrange torpeur, je fixais le mur qui me faisait face. Tout plutôt que de soutenir encore une fois son regard accusateur et tourmenté. Je n'étais pas lâche, mais le courage m'avait désertée depuis longtemps déjà. Je n'arrivais même pas à répondre, persuadée que tout ce qu j'aurai pu lui répondre n'aurait jamais suffi à relancer la conversation. Je lui avais présenté mes excuses, et je craignais à présent d'entendre sa réponse. Je la connaissais déjà. C'était comme de regarder un film en commençant par la fin, c'était mon Titanic personnel. « De quoi es-tu désolée ? De m’avoir abandonné ? D’avoir tout laissé, ta vie, notre vie derrière toi sans même te retourner ? De m’avoir brisé le cœur ? » Chaque accusation était un éclat de verre, et pourtant je ne bronchai pas. Je gardai les yeux rivés sur le mur, tentant de trouver en moi la réponse à toutes ses questions. Je n'étais pas certaine de savoir au juste pourquoi je m'excusais, il y avait tant de chefs d'accusation qu'ils ne tenaient pas en un seul procès.

Mes yeux finirent par glisser du mur au fond de la pièce. Une femme nous observait, immobile. Nos regards se croisèrent et pendant une seconde, j'y lu tout ce que je n'étais pas. La façon dont elle restait en rentrait, observatrice, possessive... Elle me rappelait moi, avant. Lorsque je voyais Eythan, charmé par des centaines de sourires, tourner et danser avec d'autres que moi. Je n'avais pourtant jamais été jalouse, parce que je savais qu'il m'appartenait. Que ce que j'avais de lui, aucune autre ne pourrait jamais l'avoir. Un corps, voilà tout ce qu'il avait à leur offrir. Je voulais bien partager, si ce n'était que cela. S'il pouvait apporter un peu de lumière dans la vie d'une âme seule, j'étais encline à accepter. Le soleil brillait haut et fort chaque jour pour moi, à cette époque-là. Je finis par baisser les yeux, la gorge sèche. Je n'étais pas idiote. Je relevais le bout du nez, un sourire désarmé aux lèvres. La voix un peu rauque, je ne parvenais pas à me montrer aussi sèche qu'il l'avait été. Simplement désabusée. « Visiblement, ce qui se brise finit par se réparer... » Je ponctuais ma remarque d'un mouvement de tête vers la jolie femme qui nous regardait. Je me redressai, retrouvant un peu de ma contenance. Mes pancakes étaient froids, mais je me fis un devoir de les terminer. « Je suis désolée pour tout cela, oui. Mais je suis heureuse de voir que malgré tout, tu as fini par tourner la page et par te construire une vie. Probablement meilleure que celle que tu aurais eue avec moi en Irlande. Regarde ce que tu as. Un établissement, du succès, de l'amour. J'ai laissé ma vie, tu as finalement trouvé la tienne. » Je soutins son regard un long moment en silence, consciente de mon amertume. Jalouse ? Non. Je ne le pensais pas. Déçue ? Oui, de moi-même. Il avait réussi là où j'avais échoué. Il avait su aller de l'avant et aimer à nouveau. Le seul homme de qui je m'étais un tant soit peu entichée s'était révélé être un wizzggle. Un menteur. Le karma semblait être rétabli, j'avais payé pour le mal que j'avais fait. Et cela me rassurait un peu ; bientôt, des jours meilleurs s'annonceraient. Ma main se porta machinalement à mon cou, effleurant la chouette d'argent qu'il m'avait offerte. Des siècles plus tôt, dans un autre monde. Dans notre monde.

« Je suis heureuse de t'avoir revu. » Même une seconde, même de loin, cela m'aurait suffi. Te savoir vivant et heureux m'aurait suffi. Je ne voulais pas rester sur un sentiment négatif, pas encore une fois. J'aurai pu lui raconter ma vie, mais je n'avais rien à dire. J'aurai pu m'excuser encore ou détailler mes choix, mais je n'avais plus les mots. Cinq ans plus tôt, je lui avais expliqué mon départ. Il m'avait laissée partir sans me retenir ; est-ce que c'est ce que l'on fait quand on aime ? Cherche t-on à faire le bonheur de l'autre, même si cela implique une séparation ? Peut-on à ce point se départir de son égoïsme et de ses propres besoins ? Je n'en savais rien. Mais lui l'avait fait. J'aurai aimé tout envoyer balader, jeter la belle vaisselle blanche sur la table et l'écraser au mur. Ouvrir toutes les vannes de mon être et laisser fuir rage, rancœur, solitude et déception. J'étais une tornade d'émotions, il était un volcan éveillé prêt à faire bouillir des années de silence.
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Si ça fait si mal de se séparer, c'est parce que nos âmes sont liées. Peut-être qu'elles l'ont toujours été et le seront toujours. Peut-être que nous avons vécu mille vies avant celle-ci et que dans chacune d'elles nous nous sommes trouvés. Et peut-être que chaque fois nous avons été séparés pour les mêmes raisons. Ça veut dire que cet adieu est à la fois un adieu pour les dix mille ans passés et un prélude à ce qui va venir.
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Re: You give me vertigo ✽ Eythan

Lun 6 Juil - 6:27
Maybe that's what happens when a tornado meets a volcano

Si Eythan fixait Lux, elle ne le regardait pas. Il aurait bien aimé pouvoir planter son regard dans le sien en lui rappelant ce qu’elle avait fait. Certes, tourner le fer dans la plaie n’était certainement pas la meilleure des idées, mais malgré les années, il ne s’en était jamais réellement remis. On aurait pu penser qu’il avait réussi à tourner la page lorsqu’on le regardait. Comme elle prit soin de le mentionner, il avait réussi à se refaire une vie qui ne l’incluait pas, qui ne l’incluait plus. Il avait réussi à faire quelque chose, recoller les morceaux de son cœur et offrir ce qu’il en restait à une autre. Il avait sans doute une vie dont plusieurs rêvaient. Il était son propre patron, avait une petite amie formidable bien que grincheuse à ses heures, mais il n’y avait pas de quoi se plaindre, loin de là. Alors il aurait du être heureux, aux septième ciel. À son âge, mener la vie qu’il menait était presque inespéré. Pourtant, un truc clochait. Il ne s’en était pas rendu compte jusque-là, mais maintenant, il ressentait encore un vide tout au fond de lui. Peut-être que c’était de se retrouver face à Lux qui lui rappelait tout ce qu’il avait perdu en la laissant partir. C’était peut-être les fantômes d’un passé lointain, mais encore beaucoup trop proche, qui s’amusait à venir le hanter et remplir sa tête de scénarios commençant tous par et si.

Il ne manqua pas le mouvement de tête qu’elle fit et, par réflexe, il tourna la tête pour voir ce qu’elle pointait. Il n’avait pourtant pas besoin de voir pour comprendre qu’elle faisait allusion à Willow. Il pouvait presque sentir son regard contre sa nuque. Il savait qu’elle était là à les observer. Après tout, c’était normal, non? Depuis qu’il était arrivé à Londres, Eythan n’avait parlé qu’à très peu de femmes et jamais aussi longtemps. Lorsque son regard croisa finalement le brun noisette des yeux de la jeune femme, il lui sourit, lui laissant comprendre qu’elle n’avait rien à craindre. Non, il n’y avait qu’elle dans sa vie. Lux avait fait le choix de la déserter et il était passé à autre chose. Il était avec Willow maintenant. Du moins, c’était ce qu’il ne cessait de se répéter depuis qu’il s’était assis sur cette chaise. Parce que Lux était là et tous les souvenirs qu’ils avaient partagés remontaient à la surface, le submergeant comme une vague de nostalgie. Ce moment dont il avait si souvent rêvé était enfin là, à sa portée et voilà qu’il ruinait tout en l’accusant. Il avait peut-être raison d’agir ainsi. Il avait le droit d’être en colère, de lui en vouloir, mais était-ce une raison valable pour avoir été aussi sèche qu’il l’avait été? Il n’en savait rien. Mais le mal était fait. Elle comprenait sans doute l’ampleur des dégâts qu’elle avait commis lorsqu’elle lui avait tourné le dos et qu’elle avait quitté sa chambre ce jour là. Peut-être qu’elle avait même aussi mal que lui à l’époque. Il espérait presque qu’elle ressente sa douleur. Étrange de se dire qu’il lui souhaitait presque de souffrir alors qu’à une époque, il aurait été prêt à tout pour qu’elle ne souffre pas. Mais il avait sans doute trop accumulé. Il avait tout gardé en lui. Cette colère, jamais il ne l’avait extériorisé. Ce n’était sans doute pas avec les quelques discussions assez brèves qu’il avait eues avec sa sœur qu’il avait pu laisser sortir tout ce qu’il ressentait. Il avait pleuré un peu, c’était vrai, mais c’était la peine de l’avoir perdu qu’il avait évacué à ce moment. Il ne s’était jamais autoriser à sortir dehors, à crier jusqu’à ne plus pouvoir respirer, à frapper sur une oreiller pour se défouler. Non, parce qu’il n’était pas comme ça. Il était rare qu’il en veuille à des gens et qu’il s’y accroche autant, mais Lux avait toujours été l’exception aux règles qu’il se fixait. Elle n’était pas comme les autres et ça, il en prenait pleinement conscience maintenant, alors qu’elle s’excusait. Soudainement, la rage s’estompa, partant aussi rapidement qu’elle était arrivée. Il ne pouvait jamais lui en vouloir bien longtemps et les années n’avaient en rien changer ça.

« On peut dire que j’ai bien réussi. » Lâcha-t-il avec un semblant de rire et un bref sourire. Il avait réussi, mais ce n’était pas vraiment ce qu’il avait espéré. Peut-être avait-elle raison. Peut-être que la vie qu’il menait actuellement était meilleure que celle qu’il aurait menée avec elle en Irlande. Il s’autorisa à y réfléchir à un moment, se permettre de se projeter dans un monde parallèle ou elle n’était jamais partie, ou il avait réussi à trouver les mots justes pour la faire rester et sourit. Ça ne lui aurait pas dérangé d’être entouré de moutons. En fait, ça lui manquait presque la nature. Tout ce qu’il avait toujours voulu mais n’avait jamais réussi à exprimer à voix haute, c’était d’être avec elle. Le lieu lui importait peu. Il avait enfreint la seule règle qu’ils s’étaient fixés. Il s’était attaché à elle, trop. Il en était tombé amoureux, chose qu’il ne lui avait jamais avoué. Et il avait passé des mois à le regretter, se demander si cette confession l’aurait fait rester. Il lui fallait cesser de vivre dans le passé. Ces souvenirs étaient interdits. Il avait Willow maintenant. Il était heureux. Il était passé à autre chose. Il fallait qu’il soit passé à autre chose, mais en ce moment, ça ne semblait plus aussi simple que ça. Parce qu’il réalisait que Lux avait occupé une place trop importante pour qu’elle soit comblée par qui que ce soit. Parce que Willow pourrait toujours essayer, mais elle n’arriverait jamais à la cheville de Lux. À ce moment, il remarqua que le collier qu’il lui avait offert des années plus tôt pendait toujours à son cou. Cette simple constatation fit manquer un battement à son cœur. Peut-être qu’elle non plus n’avait pas complètement réussi à l’oublier? Non, il ne fallait pas penser à ces choses. Willow. Il fallait penser à Willow. Mais il y avait Lux. Il y avait toujours eu Lux même lorsqu’elle n’était pas là. « Je suis heureuse de t'avoir revu. » Il revint à la réalité. Elle allait vraiment partir comme ça? Il n’avait même pas pris de ses nouvelles. « Attend. » Qu’il s’exclama. Non, il n’allait pas la laisser filer aussi facilement. « Tu ne vas pas partir comme ça? Sans me parler un peu de toi? » Il voulait savoir. Il en avait besoin pour pouvoir espérer panser ses blessures. « Qu'est-ce que tu deviens? Les études, ça va? Et Londres, ça te plait? L’Imperial College, c’est tout ce à quoi tu t’attendais? » Trop de questions d’un coup, mais il ne voulait pas la laisser partir, pas tout de suite. Il voulait qu’elle reste encore un peu.
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Re: You give me vertigo ✽ Eythan

Jeu 9 Juil - 10:23
Maybe that's what happens when a tornado meets a volcano

Il avait bien réussi, oui. On pouvait le dire. J'étais par ailleurs admirative. Où était donc passé le jeune homme que j'avais quitté en Irlande ? J'avais face à moi un homme visiblement accompli, sûr de lui et déterminé. Je ne l'en respectais que davantage tout en me demandant quelle image de moi il pouvait bien avoir, à cet instant. Ressemblais-je toujours à la petite Lux irlandaise qui, du haut de ses vingt années, avait décidé de tenter sa chance dans un autre pays ? J'avais toujours été une forte tête et sur ce point, je ne pensais pas avoir beaucoup changé. Les années avaient passé, tantôt lentement, tantôt si rapidement qu'un battement de cils avait suffit à faire défiler les jours. Mais je n'étais pas sortie indemne de ce tourbillon de changement. Il y avait eu bien du positif, mais des difficultés inattendues. J'avais alors du lutter seule ou presque, refusant de me laisser abattre ou d'attirer la compassion d'autrui. A n'en pas douter, l'épisode le plus délicat fut celui de la révélation. J'avais longtemps pensé ne jamais pouvoir remonter la pente ; comment vivre lorsque tous vos rêves sont piétinés sans le moindre remord ? Les sorciers avaient fait de mon paradis un enfer, mais je n'y étais pas restée si longtemps, finalement. Peut-être que ces retrouvailles avec Eythan marquaient le début d'un nouveau chapitre de ma vie. Un chapitre dénué d'illusion ou de croyance idiote. Désormais, tout ce que j'avais pu imaginer existait vraiment. Je ne me laisserai plus aveugler par des rêveries d'enfant.

« Attend. » J'avais gardé les yeux baissés sur mes pancakes. Je relevai le nez, surprise par le ton péremptoire de sa voix. Nos regards se croisèrent et malgré mes efforts, je ne parvins pas à m'en détourner. Le regarder en face, c'était me mettre à nu. C'était retirer une à une mes protections, c'était avouer mon échec et mes regrets. Je refusais qu'il me voit ainsi. Après tout, qui était-il pour moi aujourd'hui ? Un souvenir. Et qu'étais-je pour lui ? Une cliente. Je n'avais pas à lui dévoiler mes faiblesses et encore moins à en discuter avec lui. Mais c'était sans compter sur mon cœur qui envoya valser les idéaux de ma raison. Je serrai les dents. Je ne baissa pas les yeux. C'était la première fois depuis qu'il s'était installé à ma table que j'osais soutenir son regard. Je n'avais pas voulu passer pour une impolie, mais la gêne et l'incompréhension qui avaient succédé à la surprise de le retrouver ici, à Londres, avaient eu raison de moi. Je valais bien plus que cela, je n'étais pas couarde. Et il le savais, il le savait très bien. Il me posait à présent des questions sur moi, sur ma vie, sur ma réussite. J'esquissai un léger sourire dénué d'ironie ou de tristesse. Une ombre franche de sourire. Avions-nous subitement laissé tomber nos masques mutuels de froideur ? ses yeux glissèrent furtivement à mon cou et je me rendis compte que je n'avais pas cessé de jouer avec la chouette d'argent. Mon sourire s'élargit.

« Je n'ai jamais cessé de la porter. Je voulais que tu le sache. Le fait que je sois partie n'a jamais signifié à mes yeux que je voulais tirer un trait définitif sur ma vie. Je n'ai rien rayé, rien oublié. » C'était important pour moi qu'il le sache. En quittant l'Irlande, je n'avais pas réfléchi aux conséquences que cela aurait pu avoir sur notre relation. Libre comme elle était, qu'est ce que la distance aurait pu y changer ? Je n'avais jamais songé au fait qu'Eythan pourrait ne pas la supporter ou qu'il prendrait ma décision comme une trahison. Pour moi, c'était passager. Quelques années d'études. Le fait que notre couple n'ait pas pu y résister m'avait stupéfiée. J'avais jadis eu la croyance infinie que nous pouvions résister à tout malgré nos modes de vie étranges. Aujourd'hui, il semblait stable et heureux. Fidèle. Satisfait. Ce que je n'avais pas su ni voulu lui offrir cinq ans plus tôt. Il avait toujours eu du succès auprès des filles, pourquoi l'en priver ? Nous étions trop jeunes pour cela, trop jeunes pour nous enchaîner l'un à l'autre sans même avoir vécu auparavant. Nous avions trouvé un bon compromis. Mon départ pour Londres avait fait sonner le glas et marqué une rupture complète, contre tout attente. Je soupirai et haussa les épaules. « Tout va bien, je crois. Si on met de côté ce terrible fiasco avec les sorciers, je suis heureuse. Les études... Progressent. Je suis en train d'écrire ma thèse, mais elle n'avance pas aussi bien que je le souhaiterai. » Petit rire contrit. Je n'avais pas envie de m'étaler sur ce sujet. « L'imperial College est formidable. Çà change de Trinity. C'est différent mais c'est positif. Leur programme de robotique est tout bonnement fascinant. Mais je me lasse de Londres ; en cinq ans, tu as le temps de faire le tour. L'atmosphère irlandaise est bien plus chaleureuse... Alors pourquoi as-tu choisi Londres ? Tu ne pouvais pas ouvrir ton café chez nous ? Tu n'as jamais aimé les anglais, tu es toi-même surprise de ta présence ici, alors je suis un peu perplexe. » Chez nous. Je ne savais plus vraiment où c'était, chez nous.
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Si ça fait si mal de se séparer, c'est parce que nos âmes sont liées. Peut-être qu'elles l'ont toujours été et le seront toujours. Peut-être que nous avons vécu mille vies avant celle-ci et que dans chacune d'elles nous nous sommes trouvés. Et peut-être que chaque fois nous avons été séparés pour les mêmes raisons. Ça veut dire que cet adieu est à la fois un adieu pour les dix mille ans passés et un prélude à ce qui va venir.
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